A travers les Pyrénées catalanes – 1ère étape

Dimanche 04 septembre 2016 – Programme du jour :

Jusqu’à présent, sur tous mes périples itinérants, je fus accompagné par Cédric, fidèle compagnon d’aventures et garant d’un certain confort car motorisé. Pour cette expédition à travers les Pyrénées catalanes, j’ai souhaité corser les règles du jeu en tentant l’expérience solitaire. Pas d’auto donc, mais un petit sac à dos et 2 sacoches discrètes – une de selle et l’autre au guidon – pour transporter les quelques affaires indispensables au voyage en autonomie. J’ai beau m’être contenté du strict nécessaire, il n’en demeure pas moins que mon vélo s’en trouve alourdi. C’est fâcheux – surtout en montagne – mais cela fait partie des nouvelles règles du jeu.

Je démarre mon périple catalan depuis Axat dans l’Aude ! Un choix incongru s’il en est, dicté par le seul souci d’harmoniser les tracés de mes première et dernière étapes. Je ne vais toutefois pas m’éterniser sur le sol audois puisque je prends directement la route du col de Jau qui va marquer mon entrée en terre promise. Le Jau constitue en effet l’itinéraire le plus court pour rejoindre les Pyrénées-Orientales mais c’est aussi 22 kilomètres d’ascension pas des plus commodes. Après un départ tendre et enchanteur à travers les gorges de Saint-Georges, la pente s’énerve franchement à la sortie de Sainte-Colombe-sur-Guette et me met à l’amende. Les souvenirs de mes grimpées aériennes sont loin, je traîne ma misère et surtout le poids de mes sacoches. A la faveur d’un final modéré, je parviens toutefois à trouver un bon rythme de croisière que je vais conserver scrupuleusement jusqu’au sommet. Rodé et rassuré, me voilà fin prêt à sillonner la Catalogne.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le village classé de Mosset dans la descente du col de Jau

Une fois la longue et agréable descente sur Prades achevée, je passe par la case hôtel non pas pour mettre un terme prématuré à l’étape mais simplement pour me délester de mes sacoches. En effet, même s’il s’agit d’un périple itinérant, j’ai prévu sur quelques journées de rejoindre rapidement la ville-étape suivante pour y déposer mon barda et ainsi enchaîner – léger comme une plume – avec une belle boucle sportive. Celle du jour, donc, me destine à inscrire le méconnu mais ô combien difficile col de Mantet à mon tableau de chasse. Ce sera pour plus tard – lorsque j’en aurai plein les pattes – car dans l’immédiat je pars à l’assaut du modeste col de Millères. Si ce dernier constitue également une première, son pied n’est cependant pas une découverte. J’en garde même un souvenir particulièrement désagréable pour y avoir galéré au moment d’achever – du côté de Taurinya – l’étape inaugurale de notre traversée des Pyrénées en 2013. C’est que j’avais terminé littéralement cramé ! En le négociant aujourd’hui nettement plus frais, je me rends compte de son caractère inoffensif. Même la suite et fin du col n’offrent guère de résistance, si bien qu’il faut une chaleur suffocante pour ressentir une légère incommodité en cours d’ascension.

L’abbaye de Saint-Michel de Cuxa dans l’ascension du col de Millères

5 petits kilomètres séparent le col de Millères de la coquette cité thermale de Vernet-les-Bains, c’est peu et pourtant suffisant pour traverser le bourg de Fillols puis franchir l’insignifiant col de Saint-Eusèbe.

Cap sur Vernet-les-Bains

En cette chaude journée d’été, la tentation de passer alors une après-midi détente dans les thermes de la ville est grande mais celle de conquérir de nouveaux sommets pyrénéens demeure plus forte. Je prends donc la direction de Casteil avec en ligne de mire l’abbaye de Saint-Martin-du-Canigou ! Si l’effort à consentir pour rejoindre le village est somme toute relatif, celui à produire pour gagner ensuite le monastère peut quant à lui être qualifié d’extrême ! En effet, l’étroite voie cimentée qui assure la liaison déroule son dénivelé positif de 230 mètres en seulement 1500 mètres ! Un calvaire parsemé de nombreuses épingles, toutes aussi serrées et raides les unes que les autres, qui nous préservent heureusement d’un horizon anxiogène. Avec application et détermination, je me hisse non sans mal jusqu’à l’abbaye millénaire et y découvre un site exceptionnel qui mérite assurément le détour, bien que sportif.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

L’abbaye en parade

De retour à Casteil, je repars aussitôt au combat sur les difficiles pentes du col de Jou. L’ascension ne traîne pas en longueur – un peu moins de 4 kilomètres – mais oppose des pourcentages délicats – entre 9 et 10 % – dont je me serais bien passé surtout après l’infamie menant à l’abbaye.

Après l’abbaye Saint-Martin-du-Canigou, place au col de Jou

Sommet du col de Jou

Je me plains inutilement de la montée mais que dire alors de la descente qui suit ? Primo, elle n’est pas asphaltée. Deusio, elle est parsemée de pierres et de passages sablonneux qui la rendent hautement périlleuse. Tertio, de par la concentration qu’elle réclame à tout instant dans le seul but de garder l’équilibre, elle finit par user nerveusement. Autant dire que ce fut un soulagement d’en voir le bout !

Le calvaire de la descente du col de Jou en image

J‘ai récupéré la route départementale 6 entre les villages de Sahorre et de Py au cœur de la vallée de la Rotjà. Concrètement, cela signifie que je suis déjà sur les pentes du col de Mantet ! Sans transition donc, je pars à l’assaut du géant routier catalan. Jusqu’à Py, pas de souci, même si les jambes commencent à être dures. A contrario, dans le village et au-delà, bonjour les tracas ! Les 9 derniers kilomètres du Mantet sont fort exigeants et n’offrent que de très rares plages de récupération. Ereinté par une première journée casse-pattes et surchauffée, je vais y faillir sans toutefois me désunir, mettant un point d’honneur à hisser ma frêle carcasse au sommet.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le col de Mantet n’est pas une impasse mais presque sachant qu’il dessert uniquement la localité éponyme située 2,5 kilomètres en contrebas sur l’autre versant. J’ai beau être rincé, je ne peux m’empêcher d’aller découvrir ce village du bout du monde – qui n’a rien d’exceptionnel au demeurant – et m’astreindre en retour à une courte mais pénible grimpette.

Vue sur le village de Mantet

Après la visite, il faut remonter !

Cette fois, j’ai mon compte. Il y a bien quelques autres petits cols à escalader dans les environs mais je préfère les ignorer et plonger directement sur Prades. Choix judicieux s’il en est puisque je vais profiter de mon passage à Villefranche-de-Conflent pour flâner dans les ruelles pittoresques de la cité médiévale fortifiée. En soi, je ne pouvais rêver plus belle fin d’étape.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Cet article, publié dans A travers les Pyrénées catalanes, Pyrénées, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s