2ème étape : Tourrettes-sur-Loup – Lantosque

Lundi 20 juin 2016 – Programme du jour :

Quelle chaleur aujourd’hui ! Difficile de ne pas en parler tant l’adaptation fut difficile. D’ailleurs, je tiens à faire une petite dédicace à un platane de Saint-Jean-la-Rivière. Oh, il n’a rien de spécial ce platane, il m’a juste protégé du terrible soleil et rien que pour ça, je l’en remercie !

En effet, c’est sous ce platane que je me suis posé après ma conquête de la Madone d’Utelle. L’ascension, longue de 16 kilomètres et roulante, fut particulièrement éprouvante car négociée sous un soleil de plomb. Du coup, j’ai bien mérité le fantastique panorama au sommet avec la mer d’un côté et les montagnes de l’autre. Cerise sur le gâteau, un beau sanctuaire trône là-haut. Bref, une destination à recommander.

Sommet de la Madone d’Utelle

En milieu d’après-midi, je pars à l’assaut du col de Turini voisin, déjà gravi en 2012. Malheureusement, cela tourne rapidement au calvaire. J’ai les jambes sciées, le bide retourné et je commence même à trembloter… je suis victime d’un coup de chaud. Je parviens néanmoins à profiter des charmes de la 1ère moitié du col et notamment de sa route en corniche à flanc de montagne. Il m’aura finalement manqué un moteur, pas forcément inadapté dans ce haut lieu du rallye automobile.

La route du Turini

Nous passons la nuit dans une ferme en activité où les animaux sont légion et cela met du baume au cœur après une rude journée.

Il n’y a pas la moindre trace d’un nuage dans le ciel ce matin. La météo du jour est annoncée estivale avec des températures en nette hausse. L’été a un jour d’avance !

Je démarre cette 2ème étape par une balade sur la corniche de la rive droite du Var inférieur. Saint-Jeannet, Gattières, Carros, les petits et coquets villages s’y succèdent pour mon plus grand plaisir.

Le village perché de Carros

La vallée du Var inférieur

Je plonge finalement dans la plaine du Var et enchaîne avec la vallée de la Tinée. Étroite et encaissée, cette dernière s’avère surtout fort usante. J’ai déjà 45 kilomètres au compteur lorsque je franchis le pont de la Lune et me présente au pied de la 1ère difficulté de la journée : le col d’Andrion.

Départ du col d’Andrion à droite

J’ai un compte à régler avec ce col ! Il y a tout juste 1 an, épuisé et pressé par le temps, je n’avais affronté que son tendre pied jusqu’à La Tour-sur-Tinée avant de prendre la tangente et de filer en direction d’Utelle.

La vallée de la Tinée vue depuis les premières pentes du col d’Andrion

Aujourd’hui, je ne me dérobe pas et je m’engage sur l’étroite RD 332 qui dessert les granges de la Brasque peu après le passage du fameux col d’Andrion. Je suis de suite dans l’ambiance avec une pente qui s’énerve et une chaleur qui, forcément, devient étouffante. En surchauffe et au bord de la rupture après seulement 4 kilomètres d’efforts intenses, je suis provisoirement sauvé par une longue zone de replat qui serpente à flanc de montagne. Un simple sursis pensez-vous ? J’étais moi-même convaincu de mon inéluctable défaillance dans l’interminable et difficile dernière partie du col, mais la dense forêt locale est venue à ma rescousse en me protégeant du brûlant soleil. Il n’empêche, il a fallu se faire violence pour venir à bout de ces satanés 7,5 derniers kilomètres qui affichent mine de rien une pente moyenne de 9 % !

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Panorama sommital

Secoué, je n’ai même pas pris le temps de faire un saut jusqu’aux granges de la Brasque, préférant rebrousser chemin – l’autre versant du col n’étant pas asphalté – pour partir à l’assaut de la Madone d’Utelle. Voici une autre ascension que j’avais en partie escaladée en mai 2015 mais qui me fut impossible d’achever. J’avais pourtant fait le plus dur en me hissant jusqu’au tunnel situé au-dessus du village d’Utelle mais le final long de 6 kilomètres était de trop, tant moralement que physiquement. C’est donc l’heure de retenter ma chance ! Les retrouvailles avec le vallon des Carbonnières, soit le tronçon déjà fréquenté, s’avèrent aussi pénibles que lors de mon premier passage. Ça monte sec puis ça descend, ça remonte gentiment puis violemment, le tout dans une atmosphère des plus sordides (des carcasses de voitures traînent le long de la route !), bref c’est pas la joie !

C’est parti pour la Madone d’Utelle

Entrée dans le vallon des Carbonnières

Ici, j’en ai fini avec le secteur infernal

Panorama sur le vallon des Carbonnières avec la route en contrebas

Le final est enfin là et malgré l’usure, je retrouve un peu d’ardeur. Comme dans le col d’Andrion, la forêt y est omniprésente mais à l’opposé du col d’Andrion, la pente y est modeste. C’est juste parfait, tout est réuni pour envoyer des watts ! Malheureusement, on ne se refait pas la cerise d’un simple claquement de doigts. Si j’ai bien essayé de mettre du rythme, j’ai dû très vite me résoudre à lever le pied. C’est donc sobrement et modestement que j’ai gagné le sommet.

A gauche, le village d’Utelle, à droite, la Madone d’Utelle

Magnifique point de vue sur le village d’Utelle

J’approche du sommet, le sanctuaire est en vue !

Ultime épingle

La ligne d’arrivée de la 6ème étape du dernier Paris-Nice est encore présente au sommet

Quelque soit le niveau de performance, la montagne ne fait pas de distinction et récompense tous les valeureux de la même façon. Là-haut, en tout cas, elle nous gâte, c’est juste sublime.

Au loin, la Méditerranée

Au près, la vallée de la Vésubie

Je plonge dans la vallée surchauffée de la Vésubie que je remonte, le ventre plein, jusqu’à Lantosque. L’hébergement est tout proche, je pourrais en rester là et ce ne serait pas infamant tant la journée fut éprouvante mais j’ai encore un sommet capricieux à conquérir. En effet, l’Authion m’a lui aussi résisté l’année dernière avec la complicité d’une météo exécrable. Ne dit-on pas jamais 2 sans 3 ? Sus à l’Authion ! Avant de le titiller, il me faut au préalable escalader sa rampe de lancement qu’est le col de Turini. Je ne pars pas en terrain inconnu ici puisque j’ai déjà gravi son versant ouest à l’occasion de notre traversée des Alpes en 2012.

Cap sur le col de Turini et l’Authion

Si les 3 premiers kilomètres jusqu’au village de La Bollène-Vésubie sont plutôt conciliants, la suite laisse par contre peu de répit avec une pente oscillant sans cesse entre 7 et 9 %. Le décor, fort inspirant, motive heureusement à mettre du cœur à l’ouvrage. Une température ambiante enfin confortable, l’altitude et l’horaire tardive jouant leur rôle, un moteur bien alimenté après mon festin de la vallée, et je retrouve une seconde jeunesse à l’approche du col. L’Authion ne me résistera pas cette fois !

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Le Turini franchi, on poursuit la franche grimpette pendant 4 bons kilomètres, traversant au passage la petite station de ski du Camp d’Argent, pour arriver à hauteur de la cabane de la baisse de Tueis. Nous voici perchés à 1889 mètres d’altitude, prêts à se lancer sur le circuit de l’Authion qui fait partie intégrante du Parc National du Mercantour.

Station du Camp d’Argent

La baisse de Tueis, départ du circuit de l’Authion

Ce circuit consiste à réaliser une boucle de 9 kilomètres en sens unique sur un plateau quelque peu tourmenté où sont disséminés les vestiges de nombreux forts rappelant les tragiques faits d’armes qui s’y déroulèrent. On débute par 4 kilomètres de douce descente jusqu’au camp des Cabanes Vieilles, puis on remonte sérieusement pendant 3 kilomètres pour atteindre le point culminant de la route à 2 024 mètres d’altitude juste en-dessous du sommet de l’Authion, et enfin on termine en apothéose en découvrant, au-delà du petit col situé entre les forts ruinés de la Forca et de Mille Fourches, un panorama extraordinaire sur les ultimes contreforts des Alpes qui plongent vers la Méditerranée.

Panorama en descendant vers le camp des Cabanes Vieilles

Ça remonte vers le Plan Caval

Panorama depuis le point culminant de la route de l’Authion

Classe !

No comment

De retour à la baisse de Tueis, il ne me reste en soi qu’à redescendre tout ce que je viens d’escalader pour clôturer cette seconde étape. Je m’étais programmé un ultime défi avec l’ascension jusqu’au pylône de Flaut mais j’estime avoir assez sué aujourd’hui. De toute façon, le contrat est déjà rempli, j’ai eu la peau des 3 sommets des Alpes-Maritimes qui me tenaient tête.

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