1ère étape : Tourrettes-sur-Loup – Tourrettes-sur-Loup

Si notre traversata delle Alpi consiste à traverser les Alpes italiennes de la Méditerranée jusqu’en Suisse, nous avons toutefois prévu un préambule de 4 étapes dans les Alpes-Maritimes afin de découvrir un peu plus ce sublime département. Je vais d’ailleurs en profiter pour emprunter une bonne fois pour toutes les routes que j’avais esquivées, pour différentes raisons, lors de mon séjour ici-même en mai 2015.

Dimanche 19 juin 2016 – Programme du jour :

Le voilà ce fameux périple calé depuis 2012 comme la symétrie italienne de notre périple inaugural Thonon-les-Bains – Menton. Je le débute logiquement par une longue journée logistique entre le trajet Paris-Montpellier en TGV et la route jusqu’à Tourrettes-sur-Loup, ville départ de cette nouvelle aventure.

Pour cette 1ère étape, j’ai décidé de grimper le col de Vence. Ce col est idéal pour se mettre en jambes, pas franchement difficile mais nécessitant un minimum d’engagement physique. De surcroît, on évolue dans un cadre plutôt sauvage et les vues sur la mer Méditerranée sont vraiment sympas.

C’est parti pour le col de Vence !

Petit panorama sympathique en cours de grimpette


Les paysages découverts par la suite se révèlent extraordinaires avec en point d’orgue les différentes clues traversées (Gréolières / Aiglun / Riolan / Saint-Auban). Le col de Bleine a un réel charme tout comme les gorges du Loup.

Gorges du Loup

Cascade de Courmes dans les gorges du Loup

La météo est limite dans l’après-midi mais nous passons entre les gouttes. J’en profite du coup pour visiter le très beau village de Tourrettes-sur-Loup où nous allons passer une 2ème nuit. Rien de tel qu’un interminable et soporifique France-Suisse (dernier match de poule de l’Euro de football) pour s’endormir paisiblement.

Tourrettes-sur-Loup

Je débuterai chaque compte-rendu par un point météo histoire que vous sachiez à quelle sauce nous allons être mangés chaque jour. Aujourd’hui, les prévisions annoncent une matinée ensoleillée et des orages en cours d’après-midi. Du coup, je compte mettre de l’intensité dans les ascensions et surtout ne pas trop flâner en route afin d’avancer au maximum.

Stop aux paroles, place aux actes, le col de Vence lance le périple en même temps qu’il ouvre les hostilités. La montée, régulièrement escaladée par le peloton du Paris-Nice, constitue une entrée en matière solide avec ses 10 kilomètres à près de 7 % de moyenne. Cela use surtout lorsqu’on n’y ménage pas ses efforts. Au sommet, le plateau de Saint-Barnabé et ses célèbres phénomènes paranormaux nous accueille. Personnellement, je n’y ai rien vu d’étrange mais même si cela avait été le cas, j’aurais sûrement attribué les manifestations mystérieuses à des hallucinations post-efforts intenses. Je suis quelqu’un de très rationnel.

Cap sur Gréolières

Une courte descente et je prends la direction de Gréolières, attaquant par la même occasion la montée vers la station de ski de Gréolières-les-Neiges. Si je ne prends l’ascension qu’en cours de route, le pied officiel se situant au Pont du Loup, je me retrouve toutefois dans sa portion la plus pénible. La pente n’est pas bien violente, végétant seulement autour des 6 – 7 %, mais elle fait de la résistance. C’est seulement à la sortie de la magnifique clue de Gréolières que les jambes se détendent un peu à la faveur du vaste  plateau du Plan du Peyron.

Clue de Gréolières

J’abandonne alors provisoirement la RD 2 pour filer sur la RD 802 qui dessert exclusivement Gréolières-les-Neiges. Je suis bon pour 3 nouveaux kilomètres de grimpette significative suivis par une interminable ligne droite en faux-plat montant avant de découvrir la petite station nichée dans la cuvette du Grand-Pré au pied de la cime du Cheiron.

Cap sur Gréolières-les-Neiges

Ladite station dans la cuvette du Grand-Pré

Un rapide mais mémorable coup d’œil depuis le point de vue panoramique aménagé en bordure de route et me voici de retour au Plan du Peyron reprenant le cours de ma chevauchée là où je l’avais laissée.

Splendide !

Après avoir longé un immense parc à bisons (oui, oui, vous avez bien lu, des bisons !), je prends pleine droite et me lance à l’assaut du col de Bleine. Bon, le sommet n’est qu’à 4,5 kilomètres et la pente pas bien violente, autant dire que je ne risque pas de m’y écœurer. Si je franchis comme prévu le col sans difficulté une première fois, le second passage programmé après une longue et éprouvante boucle pourrait s’avérer plus compliqué ! A suivre.

Ultime épingle

Le franc soleil de ce matin a perdu petit à petit de son éclat la faute à une invasion nuageuse. Les météorologues semblent avoir vu juste, l’orage se prépare lentement mais sûrement. Du coup, alors que je comptais effectuer ladite boucle dans le sens des aiguilles d’une montre, je décide finalement d’inverser ma rotation afin de profiter d’entrée de la clue d’Aiglun. C’est que cette dernière m’avait déjà échappé il y a 1 an pour cause de mauvais temps, faudrait pas que l’histoire se répète !

Cap sur Aiglun

La voici, soudaine et majestueuse, ponctuant la longue descente. On ne peut rester insensible devant une telle offrande de Dame Nature.

Clue d’Aiglun


Je pensais la descente achevée, j’ai droit à un petit supplément sitôt le village d’Aiglun traversé. Et dire qu’il va me falloir remonter jusqu’au col de Bleine ! J’en sue d’avance. Chaque chose en son temps, dans l’immédiat, c’est le col du Trébuchet qu’il me faut gagner. L’ascension s’effectue par paliers, les tronçons à escalader, au nombre de 3, sont de longueur et de difficulté sensiblement identiques. A Sigale, peu avant le premier palier, tout allait pour le mieux, à La Rochette, au niveau du second palier, je commençais à grimacer, au sommet, accompagné par le tonnerre qui grondait à proximité, j’arrivais dépouillé.

Sigale, perché, sur la route du col du Trébuchet

Panorama post-village de Sigale sur la vallée de l’Estéron

Clue du Riolan

La Rochette

Final du col du Trébuchet

Ce n’est pas vraiment le moment idoine pour faiblir ! Certes, j’en ai terminé avec l’ascension du Trébuchet, mais l’affreux col du Buis se présente dans la foulée. Ce que ce dernier n’a pas en distance, il offre en pourcentage ! 4 misérables petits kilomètres – ha ! ha ! – à près de 10,5 % de moyenne de pente – ah ! – il vaut mieux être en jambes. Malheureusement, je ne le suis plus et je vais, sans surprise, galérer comme un damné.

A l’assaut du col du Buis !

Ça pique !

Je bascule avec soulagement sur Briançonnet, charmant village perché déjà découvert l’an passé.

Panorama post-col du Buis

Cap sur Briançonnet

Il est mignon mais ne fait pas vraiment le poids face à la clue de Saint-Auban qui suit derrière. Elle, j’ai beau l’avoir également traversée l’an dernier, je ne peux m’empêcher d’y marquer un nouvel arrêt. Elle impressionne et fascine par son incroyable verticalité, sa profondeur et ses falaises trouées d’immenses grottes.

Clue de Saint-Auban

Notre-Dame de la Clue


J’en sors enchanté mais une pluie fine vient aussitôt doucher mon enthousiasme. C’est désagréable mais il m’en faut toutefois un peu plus pour jeter l’éponge. Légèrement humide lorsque l’averse cesse, je vais profiter des retrouvailles avec le col de Bleine pour me réchauffer et sécher. Son versant nord est à quelques détails près similaire au versant sud, soit court et modeste. Il n’en demeure pas moins qu’avec les kilomètres accumulés et la fatigue emmagasinée, la grimpette s’avère laborieuse. Le scénario était écrit.

Col de Bleine, le retour

Final du col de Bleine

Au sommet, c’est comme si j’apercevais déjà Tourrettes-sur-Loup ! Entre une longue descente jusqu’à Pont-du-Loup et une légère remontée derrière, le chemin restant ne m’apparaît que comme une simple formalité. C’est bien de se l’imaginer ainsi mais faut-il encore pédaler ! Je retrouve donc dans un premier temps les bisons du Haut-Thorenc puis la clue et le village de Gréolières avant de m’enfoncer dans les fraîches gorges du Loup.

Gréolières

J’arrive à Pont-du-Loup un poil requinqué, il n’est pas tard, la météo est de nouveau clémente, et si je me lançais un ultime défi ?

J’entends le proche mur de Courmettes qui m’appelle ! Simple option au départ, il va finalement décider du sort de cette 1ère étape selon que je parviendrai ou non à le dompter. Alors oui, je me suis refait un peu la cerise mais non, je ne suis pas frais comme un gardon, loin de là même ! Or, avec ses 4 kilomètres à 13 % de moyenne, le mur de Courmettes est un cran au-dessus du col du Buis en terme de difficulté. C’est dire le challenge qui m’attend ! Je m’engage dans la pente avec modestie mais bien décidé à donner tout ce qu’il me reste dans les jambes pour me hisser au sommet. Les nombreuses et féroces épingles s’enchaînent, je plie mais ne romps pas. La bosse ne fait guère de cadeau si ce n’est celui d’offrir un joli tapis d’asphalte, ce qui est non négligeable avec de tels pourcentages. Après une lutte acharnée, je découvre le domaine des Courmettes en bout de route… j’ai vaincu le mur ! J’en ai bavé, je suis vidé mais fichtre que c’est bon !

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Panorama sommital

Je peux m’en retourner à Tourettes-sur-Loup l’esprit apaisé et conquérant, mon périple vient de débuter idéalement et j’ai une envie soudaine de bouffer du col alpin. Quand l’appétit va, tout va !

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