Retour en Drôme Provencale

Dimanche 12 juin 2016. Ma préparation au premier périple de l’année a été tronquée à cause d’une tendinite récalcitrante (celle-là même que je traîne depuis janvier). Après une bonne coupure post-semaine basque, j’ai repris petit à petit l’entraînement jusqu’à effectuer une belle sortie héraultaise le week-end dernier. Non rassasié, j’avais encore besoin de me rassurer et de réaliser une nouvelle virée d’envergure avant d’aller me frotter aux hauts sommets alpins. Direction donc la Drôme provençale histoire de poursuivre la découverte de ce merveilleux territoire.

Après Nyons, c’est Buis-les-Baronnies qui fait office de ville départ/arrivée pour ce 2ème opus cycliste à travers la Drôme provençale. Je connais déjà le village pour l’avoir traversé lors du 1er épisode. D’ailleurs, je débute également la balade par 2 vieilles connaissances, à savoir le tendre col d’Ey en guise d’échauffement puis le col de Soubeyrand, sans erreur de parcours cette fois-ci, pour être définitivement dans le bain.

A l’assaut du col d’Ey

Petit panorama sympa sur le Ventoux

Panorama sur la vallée de l’Ennuye

Cap désormais sur le col de Soubeyrand

De ses pentes aussi on bénéficie d’un beau panorama sur le Ventoux !

Ultime épingle avant le col de Soubeyrand

La vallée de l’Eygues ouvre le bal des routes inconnues. Je prends en effet la direction opposée à celle de l’an passé et file jusqu’à Rosans bien poussé par le vent. A ma grande surprise, je viens de quitter le département de la Drôme pour celui des Hautes-Alpes ! Je savais que je devais y entrer tôt ou tard mais je ne pensais pas aussi tôt. A vrai dire, ce 1er intermède haut-alpin va être bref, se réduisant à la seule ascension du col de la Fromagère, dit aussi de Pommerol. Du coup, pour un col à moitié haut-alpin, il fait pâle figure avec ses 8 petits kilomètres à moins de 6 % ! Ce qui m’a surtout marqué ici, c’est la sensation de bout du monde que dégage ce versant. La route y est étroite, majoritairement forestière et complètement délaissée des automobilistes. Bref, ce n’est pas l’endroit rêvé pour connaître un quelconque pépin.

C’est parti pour le col de la Fromagère, dit aussi de Pommerol

Faut pas être hylophobe par ici !

A l’approche du sommet, on sort enfin un peu de la forêt !

Final du col de Pommerol

Pour nos retrouvailles, le département de la Drôme m’offre les belles gorges de Pommerol dans la descente du col éponyme.

Les gorges de Pommerol droit devant

Le village de Pommerol et son château perché au pied de la montagne de Saint-Romans

Lesdites gorges de Pommerol

J’achève cette dernière dans le paisible village de La Charce qui ne me laisse guère d’autres possibilités que de regrimper dans la foulée ! Lancé sur la route du col de Prémol, je vais finalement m’en dévier en prenant la direction de Valdrôme juste avant d’arriver à Establet. C’est le col du Fays qui aura du coup les honneurs de mon passage. Comme dans les très nombreuses ascensions du secteur, la pente y est modeste, cela n’empêche, je ressens les premiers signes de lassitude. Le panneau du col du Fays vient me soulager moralement mais pas encore physiquement car la pente joue un peu les prolongations derrière.

Cap sur le col du Fays…

… et ses larges épingles

Les ânes du col du Fays

Alors que je pensais avoir enfin amorcé la descente, un vaste plateau vient m’offrir un léger supplément de dénivelé jusqu’à atteindre le col de Rossas dont j’ignorais même l’existence !
Cette fois, c’est la bonne ! Je plonge franchement sur Valdrôme sans trop me presser toutefois vu que je dois y attaquer la difficile montée vers son stade de neige. Il y a de La Planche des Belles Filles dans cette ascension, elle est courte, 7 kilomètres, mais sacrément coriace, près de 8,5 % de moyenne de pente. Ayant mal géré mon alimentation depuis le départ, d’où les mauvaises sensations dans le col du Fays, je me retrouve sans force et complètement planté dans les premières rampes épicées. Le glucose enfin assimilé par l’organisme, mon moteur se remit gentiment en route, me permettant de négocier le final de la bosse avec entrain. Au sommet, point de stade de neige, il faut en effet redescendre sur un bon kilomètre pour enfin découvrir la minuscule station et son immense parking en cul-de-sac implantés sur le versant nord de la montagne de l’Aup.

C’est parti pour la montée vers la station de Valdrôme

Rude passage

Sommet de la bosse

Panorama sommital

Bienvenue dans la petite station de Valdrôme au pied de la montagne de l’Aup

De retour à Valdrôme, je pars aussitôt à l’assaut d’une nouvelle difficulté, poursuivant ainsi mon parcours en montagnes russes. Avec le col de Carabès, je reviens dans les standards du coin, à savoir une montée ni trop longue ni trop dure. La pente, insignifiante au pied, progresse très tranquillement jusqu’à atteindre son apogée dans les 3 derniers kilomètres. Rassurez-vous, le pourcentage moyen de ce final ne dépasse pas les 7 % et vous pourrez même vous rafraîchir aux sources de la Drôme avant de l’aborder !

Premières pentes du col de Carabès

Sources de la Drôme

Ici aussi, quelques épingles agrémentent la montée


Panorama sommital plein sud

J’ai retrouvé le département des Hautes-Alpes au sommet et paradoxalement je n’ai rien prévu d’escalader dans les 40 prochains kilomètres ! Pire, la prochaine difficulté sera même drômoise ! Un vrai sacrilège pour un département doté de montagnes et de cols si prestigieux. Ceci étant, ce que me réserve le territoire n’est pas dénué d’intérêt, au contraire ! Après une délicieuse et agréable descente jusqu’au village médiéval de Serres, je file vent dans le dos à travers la vaste plaine du Büech qui est entourée de douces montagnes captivantes.

En approchant de Serres

Le Bochaine

Je m’y suis tellement bien senti dans le Bochaine que j’y ai involontairement prolongé mon séjour en m’engageant par erreur dans la vallée de la Blaisance ! Convaincu de rouler en direction de Buis-les-Baronnies, je n’ai pris conscience de ma boulette qu’à l’approche de Montjay ! Bilan, 20 kilomètres gratuits, dont la moitié particulièrement ventés, à ajouter au décompte final, tout ça à cause d’une mauvaise anticipation vis-à-vis d’un carrefour.

Enfin engagé dans la bonne vallée, soit celle du Céans, je pouvais pédaler de bon cœur et sans retenue malgré les éléments contraires. En effet, comme dans sa voisine sensiblement parallèle dont je viens de me détourner, le vent est de la partie et le faux-plat montant aussi. Pas découragé pour autant, j’ignore la direction de Buis-les-Baronnies à la sortie d’Orpierre, sciemment cette fois-ci, et file vers Villebois-les-Pins dans le seul but de franchir le petit col de Pierre Vesce. Petit oui, mais doté d’un final tranchant qui ne pardonne pas les coups de mou. C’est dans la Drôme donc, et plus précisément à la sortie du village de Villebois que débute la galère. Il ne reste en soi que 2 kilomètres d’ascension mais les rampes à plus de 12 % s’y succèdent. Souffrance garantie mais souffrance succincte… on s’accroche à ce qu’on peut !

Retour en Drôme Provençale…

… et galère dans le final du col de Pierre Vesce

Ouch !

Méchante épingle

Passé l’obstacle, je plonge sur Laborel qui me sert aussitôt non pas son centre-bourg, mais les pentes du col de Perty. Enfin, je dis ça mais, comme toujours, c’est moi qui décide hein !

A droite toute !

Bref, me voilà engagé dans une énième difficulté bien moins difficile que son altitude pouvait le laisser penser. En effet, avec ses 1 302 mètres d’altitude, j’imaginais le Perty offrir, au même titre que la montée vers la station de Valdrôme, quelques passages bien salés. Il n’en est rien, l’ascension demeure tendre tout du long, la pente restant bloquée à 6 %. Comme quoi, les longues vallées pénibles à remonter ont parfois du bon ! Aussi tranquille soit-il, il requiert quand même une certaine débauche d’énergie qui va engendrer chez moi une belle alerte fringale. Quelques victuailles et un incroyable panorama de part et d’autre du sommet me font rapidement oublier ce léger désagrément.

Dernier kilomètre

Panorama sommital plein est (d’où je viens !)

Panorama sommital plein ouest (où je vais !)

J’étais d’autant plus serein que les 34 kilomètres annoncés et restants pour rejoindre Buis-les-Baronnies sont descendants, d’abord franchement jusqu’à Saint-Auban-sur-l’Ouvèze puis légèrement jusqu’à destination.

Tant qu’à faire, je ramène les brebis aussi !

A la base, j’avais toutefois prévu d’escalader les cols de Peyruergue et d’Ey par son versant est mais les kilomètres accumulés par erreur ajoutés au fait que je n’avais plus rien à grignoter m’ont incité à rentrer au plus direct. Je me suis contenté finalement de l’insignifiant col de l’Homme Mort, que je n’étais pas personnellement malgré mes 215 bornes au compteur !

Panorama depuis le col de l’Homme Mort

Cette fois, c’est ok, je suis fin prêt pour ma traversata delle Alpi.

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