Catalogne 7 : de Barcelone au Monastère de Montserrat

Lundi 28 mars 2016. Une journée de repos partagée entre le final du Tour de Catalogne disputé sur la colline barcelonaise de Montjuïc et une balade dans les rues de la capitale catalane avec le groupe d’amis, le tout pimenté par la perte de mon portefeuille (heureusement récupéré depuis), et me voici frais et dispos pour le second opus cycliste de ce sympathique week-end transpyrénéen.

Une fois n’est pas coutume, je débute ma journée en prenant le train le vélo à la main ! Si les compères Idris et Thierry sont des habitués, pour moi c’est une première. Départ : Sant Andreu de Llavaneres – notre lieu de villégiature – arrivée : Gare de Barcelone-Sants au cœur de le ville pour un départ ultra urbain. Il est 11h00 lorsque je grimpe enfin sur le vélo, je prends aussitôt conscience qu’il me sera difficile de respecter mon programme. Advienne que pourra, j’adapterai si nécessaire en temps voulu, mon seul et unique but étant d’arriver au Monastère de Montserrat, où Cédric doit me récupérer, avant la tombée de la nuit.

Mesdames, Messieurs, si vous voulez bien prendre la peine de me suivre, nous allons effectuer une petite visite non exhaustive de Barcelone en passant par quelques-uns de ses sites incontournables. Voici tout d’abord le majestueux Palais National construit entre 1926 et 1929 pour l’Exposition internationale de 1929 et qui abrite depuis 1934 le Musée national d’art de Catalogne. Ce Palais a été édifié sur les flancs de la colline de Montjuïc que nous allons maintenant escalader afin de découvrir les installations sportives qui y furent construites pour les Jeux Olympiques d’été de 1992.

Du haut de Montjuïc, on découvre le stade olympique au premier plan, la Palais National juste derrière et la Torre de Collserola sur la colline au loin

Parmi ces dernières, l’imposant Stade olympique Lluís-Companys en est la plus emblématique. Quittons Montjuïc et allons rejoindre de ce pas LE stade mythique de la ville, je veux bien sûr parler du célèbre Camp Nou, antre du FC Barcelone. Construit en 1957, le Camp Nou a une capacité d’accueil supérieure à 99 000 places, ce qui en fait le plus grand stade d’Europe et le 14ème plus grand stade du monde. Rien que ça ! Continuons notre escapade sportivo-culturelle et grimpons maintenant sur la plus célèbre des montagnes de Barcelone, le Tibidabo.

Cap sur le Tibidabo

L’ascension n’est ni dure ni longue, 6,5 kilomètres à 5,5 % de moyenne pour être précis, tandis que la récompense, elle, est de taille : Barcelone est littéralement à vos pieds ! Une fois là-haut, outre le plaisir de découvrir le gigantisme de la ville, vous aurez le choix entre vous divertir dans un parc d’attractions ou prier dans l’église du Sacré-Cœur.

Le Temple Expiatori del Sagrat Cor perché au sommet du Tibidabo

On devine la colline de Montjuïc au loin


Fin de la visite, je poursuis pour ma part ma route vers d’autres horizons.

Et l’horizon le plus proche est le Parc del Garraf. Pour gagner ce dernier, il m’a d’abord fallu traverser tout le Bas-Llobrégat, où le vent et la circulation automobile ne m’ont guère épargné, avant de m’arracher sur les pentes affolantes qui se dressent au-dessus du quartier résidentiel de Rat-Penat. Cette bosse, escaladée par les coureurs de la Vuelta a España en 2010 et 2013, est une vraie cochonnerie. Au menu, 4,8 kilomètres à 9,6 % de moyenne de pente avec pas moins de 7 rampes supérieures à 15 % à se farcir ! Ajoutez-y la chaleur coutumière de la région et vous avez là un parfait traquenard à cycliste !

Si, à force d’abnégation, vous vous en sortez, sachez que vous avez la possibilité de prolonger l’effort jusqu’au Turó de l’Alzina Freda. La boule radar juché à son sommet va vous guider dans votre nouvelle quête.

La boule radar du Turó de l’Alzina Freda est en vue !

Ce supplément de grimpette va crescendo dans la difficulté, cela commence tout doux et ça se termine par un énième taquet qui brûle cuisses et poumons. Si j’esquivais dans un premier temps le mur final lui préférant les pentes plus abordables menant à la station météo perchée sur le Puig del Rascler voisin, je me résolvais finalement à l’affronter pour ne pas avoir de regrets.

Station météo du Puig del Rascler

Paysage du Parc del Garraf

Comme prévu, j’y serai pendu. Le Puig Ginebró, l’autre nom du Turó de l’Alzina Freda, ne fait décidément aucun cadeau… sachez juste qu’il ne détient pas le titre de toit du massif du Garraf qui appartient à La Morella. C’est ballot quand même. Voilà, fallait pas m’énerver !

Sommet du Turó de l’Alzina Freda

Bilan de l’ascension

Bon, c’est l’heure de plonger sur Plana Novella. Plonger s’avérant un bien grand mot au vu des courts mais traîtres raidillons qui émaillent la descente. En arrivant sur place, on est de suite frappé par le trou paumé dans lequel est implanté ce quartier résidentiel. Nous sommes au cœur du Parc del Garraf et le moins que l’on puisse dire c’est que l’on se sent particulièrement isolé. Pas étonnant qu’un monastère bouddhiste y ait trouvé refuge ! Je vais passer un nouveau cap dans la solitude en m’engageant sur la piste qui doit me ramener vers la civilisation du côté de Begues. C’est sympathique mais, sans téléphone, faudrait pas qu’il m’arrive une bricole par ici ! Aucune péripétie à signaler, juste l’ascension d’une nouvelle bosse qui s’achève au plus près du Puig Moltó et qui marque aussi la sortie du Parc del Garraf.

Sortie ou entrée du Parc, c’est au choix !

Je refais les niveaux d’eau à Begues puis rejoins fissa Olesa de Bonesvalls pour y démarrer une séquence de montagnes russes longue de 30 kilomètres à travers le massif de l’Ordal. Je m’apprête en effet à enchaîner 3 sommets dont la seule originalité tient au fait qu’ils sont urbanisés. Pour le reste, pas de surprise, c’est dur ! Le premier, le Puig Bernat, commence piano pour mieux martyriser les pattes dans les ruelles du quartier résidentiel de Ca n’Olivella. En soi, de ruelle, il n’y en a eu qu’une seule, la diabolique carrer Serral Llarg, et ses portions supérieures à 15 %, menant directement à la boule radar juchée au sommet du Puig Bernat.

Petit panorama sur la carrer Serral Llarg qui dessert le quartier Ca n’Olivella

Surtout, ne vous découragez pas à la vue de l’ultime rampe car là-haut, le panorama mérite le coup d’œil : on devine la Torre de Collserola à l’est et les montagnes de Montserrat tout au nord.

Final du Puig Bernat

La fameuse dernière rampe

Ici, on devine le massif de Montserrat au loin…

… et là, la Torre de Collserola

Une franche descente sur Cervelló et je me retrouve aussitôt scotcher sur les pentes assassines du Puig Montmany. Vraiment pas habitué à affronter de tels pourcentages avec seulement un 28 dents à l’arrière, je dompte une nouvelle fois très difficilement cette courte mais exigeante bosse qui s’achève plus en douceur au niveau du quartier résidentiel de Can Rafel.

Dur dur !

Y’a qu’à suivre le panneau !

Same player plays again : à la brève descente dans le centre de Corbera de Llobregat succède aussi sec l’ascension de l’Alt de la Creu Aregall. Si la sortie du patelin, effectuée par une sadique ruelle, fut particulièrement harassante, le restant de la montée s’avéra nettement plus clément. Une alerte fringale est venue toutefois jouer les trouble-fêtes !

Corbera de Llobregat

Alors que je plonge sur Gelida, le massif de Montserrat parade fièrement au loin. Il est proche et distant à la fois. L’heure, elle, est tardive. Et moi, perplexe. Dois-je tenter le diable en suivant mon itinéraire initial ou jouer la sécurité en filant au plus direct ?

Le massif de Montserrat s’est nettement rapproché !

La décision doit être prise avant d’entrer dans Martorell ! Elle le sera au tout dernier moment : adieu la boucle via Terrassa et le coll de l’Obac, je fais au plus court. Le choix pouvait paraître sage au premier abord, il était quand même audacieux du fait que mon GPS vivait une de ses périodes tourmentées. Mon intuition allait donc être mise à contribution ! Malgré quelques hésitations, je parviens à gagner le centre d’Abrera uniquement grâce à mon flair. Une fois dans la ville, je consulte une boulangère qui m’invite à suivre simplement la route C-55 en direction de Manresa. Ayé, je tiens le bon bout ! Je peux désormais foncer sans pensée parasite jusqu’à Monistrol de Montserrat, pied de l’ascension finale.

8,5 kilomètres à 7 % de moyenne, la montée n’est pas excessivement difficile mais je suis trop entamé pour pouvoir véritablement en profiter. Cela dit, je grimpe efficacement et avec application, ce qui me permet de me présenter devant l’imposant monastère juste à la tombée de la nuit. Quel timing !

Le Monestir de Sant Benet dans la pénombre

Monestir de Montserrat

Si Cédric a bien profité du site, je vais me contenter pour ma part d’une rapide visite à 2 roues ! Elle sera courte mais exquise, la beauté des lieux étant magnifiée par le silence y régnant, et pour cause, il n’y avait plus un chat !

Panorama depuis le Monestir de Montserrat


 

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