Haut-Languedoc – épisode 4

Samedi 24 octobre 2015. Et si une histoire romancée nous était contée pour cette dernière de l’année ? Il était une fois un chevalier des temps modernes, toujours accompagné de son fidèle destrier tout carbone, qui bravait la montagne dès qu’il le pouvait. Alors que l’automne battait son plein, il fut convié par la princesse du Haut-Languedoc, et collègue à ses heures perdues, égarée du côté de Mons-la-Trivalle. Une fois sur place, son altesse lui promit un frugal banquet à condition de réaliser une épopée cycliste parsemée d’embûches dans son pays fort tourmenté. Malgré une blessure toute fraîche et toujours vive, le chevalier motivé accepta le marché. En selle !

parcoursprofilLe chevalier venait tout juste d’enfourcher sa monture lorsqu’il découvrit une merveille de village perché sur son socle rocheux. Village maléfique ou tout simplement magique, Olargues intriguait notre valeureux chevalier. Prenant son courage à 2 mains, il alla voir de plus près ce dont il en retournait. Rien à signaler de particulier finalement sinon qu’il s’agissait d’un bien beau patelin fortifié et classé.

Olargues d'un côté...

Olargues d’un côté…

... puis de l'autre

… puis de l’autre

Le chevalier émerveillé dut toutefois rapidement se reconcentrer. Évoluant jusqu’ici au pied de la montagne, il lui fallait désormais l’escalader ! Une ascension longue de 11,5 kilomètres à près de 7 % de moyenne qui devait lui ouvrir les portes du plateau des Lacs.

C'est parti pour le col de Fontfroide !

C’est parti pour le col de Fontfroide !

La première moitié de la montée était modeste et régulière mais suffisait à réveiller sa blessure. 15 jours de repos n’ont pas suffi à apaiser la bandelette ilio-tibiale encore bien enflammée. fontfroide-2Le col intermédiaire du Poirier, à mi-pente, lui offrait alors une zone de relative détente avant que le final ne vienne le surprendre autant par sa difficulté que par son atmosphère. fontfroide-3fontfroide-4fontfroide-5fontfroideLà-haut, le brouillard sévissait, de quoi donner des idées aux brigands du coin pour fomenter un guet-apens. Il n’en sera finalement rien – la société d’aujourd’hui est quelque peu civilisée – notre chevalier pouvait donc rejoindre La Salvetat-sur-Agout l’esprit léger tout en profitant des magnifiques couleurs automnales des denses forêts locales.pre-salvetat

picotalenNotre bon chevalier se sentait fort aise dans cette haute contrée et fut bien décidé à y passer le plus clair de sa journée. Il prit du coup la route de Lacaune avec la ferme intention de croquer ses monts. Le premier, le tendre col de Picotalen, fut avalé sans sourciller.

Sur la route du Picotalen

Sur la route du Picotalen

picotalen-2Quant au second, le Pic du Montalet, ce fut un poil plus compliqué. Rien de bien sorcier entre la cité tarnaise, qui sent bon le saucisson, et le hameau des Vidals mais au-delà, attention les dégâts !

A l'assaut du Pic du Montalet

A l’assaut du Pic du Montalet

Gravillons à foison puis pente féroce, le final n’avait rien d’amical.

Gravillons...

Gravillons…

... puis pente féroce

… puis pente féroce

montalet-4Alors qu’une ultime rampe le séparait du sommet, le chevalier l’ignora et préféra filer tout droit, intrigué qu’il était par l’issue de cette autre voie.

A droite toute !

A droite toute !

Si un malheureux sens interdit ne pouvait le freiner, l’armée allait elle sans charger ! Non pas que les militaires eurent besoin d’user de leur force, ils avaient juste implanté au sommet du Puech de Rascas une station hertzienne clôturée.

Bravons l'interdit !

Bravons l’interdit !

montalet-7

Ultime épingle

Final

montalet-9montaletSatisfait d’avoir atteint le point culminant des monts de Lacaune, le chevalier s’éclipsait sans être repéré et franchissait dans la foulée le Pic du Montalet.montalet-10
En plongeant sur Nages, le chevalier retrouvait le plateau des Lacs. Des lacs, au nombre de 4, il n’en verra finalement aucun, et pour ce qui est du plateau, le terme lui paraissait galvaudé tant le terrain était accidenté. Une première bosselette pour récupérer la route de Murat-sur-Vébre suivie d’une deuxième montée plus prononcée pour revenir dans l’Hérault, le relief ne ménageait pas notre valeureux chevalier.

Dans la côte de Candoubre

Dans la côte de Candoubre

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Alors qu’il traversait le hameau de Cambon et qu’il s’apprêtait à filer vers le col de l’Espinouse, un panneau directionnel surprise l’invita à gagner le point culminant du département ! La destination n’était pas au programme mais la tentation était trop grande. valbonne-1Ni une, ni deux, il s’élança à l’assaut du toit de l’Hérault. Il découvrit alors une ascension relativement modeste, branchée sur courant alternatif et non asphaltée dans sa partie finale. Seule une piste permettait en effet d’accéder au parc éolien implanté à Valbonne tout en haut de l’Hérault. valbonne-2valbonne-3valbonne-4valbonne-5valbonne-10Cela sentait le traquenard mais il était hors de question pour le chevalier obstiné de rebrousser chemin si près du but ! Il avança avec prudence et difficulté mais parvint à ses fins dans la brume et au pied d’une éolienne XXL, son GPS indiquant quasiment les 1 152 mètres d’altitude tant convoités.valbonne-6valbonne-7

Un dernier effort

Un dernier effort

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espinouseContenté, notre fier chevalier pouvait s’en retourner et gagner pour de bon le col de l’Espinouse. Le trajet étant plus long que difficile, cela lui permit de savourer les délices de cet environnement montagnard préservé avant la grande plongée vers la vallée de l’Orb.

Le col de l'Espinouse est proche

Le col de l’Espinouse est proche

Panorama de l'Espinouse

Panorama de l’Espinouse

Féérie dans la descente de l'Espinouse

Féérie dans la descente de l’Espinouse

Rendu au bord du fleuve et surtout attristé d’avoir abandonné les hauts sommets, il se jetait alors sur la première opportunité qui pouvait lui refaire vivre les sensations passées. Et tant pis pour la tendinite ! Le plateau de la Bouisse tombait ainsi à point nommé. 7 kilomètres de grimpette sur une pente respectable, le chevalier y trouvait exactement ce qu’il était venu chercher.

A l'assaut du plateau de la Brousse

A l’assaut du plateau de la Bouisse

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Panorama nord du plateau

Panorama nord du plateau

Panorama sud du plateau

Panorama sud du plateau

De retour aux abords de l’Orb, mais davantage en aval du fleuve, le chevalier avait une dernière difficulté à  négocier avant de boucler la boucle. Le hameau roquebrunais de Ceps le lançait sur l’étroite route du col de Mézeilles.

L'Orb au niveau du hameau de Ceps

L’Orb au niveau du hameau de Ceps

Elle était si étroite dans sa première partie qu’il en venait à se demander si elle ne finirait pas sa course dans les vignes !

Le hameau d'E est en vue

Le hameau d’Escagnès est en vue

Il récupérait finalement la RD 177 au niveau du hameau d’Escagnès et achevait très tranquillement le tendre col à la nuit tombée.

Splendide point de vue depuis le col sur le massif du Caroux

Splendide panorama du col sur le massif du Caroux

Le village perché de Vieussan l’attendait au bas de la descente tandis que celui de Mons-la-Trivalle ne tardait pas à montrer le bout de son nez au confluent de l’Orb et du Jaur.

Le chevalier terminait son âpre virée dans la pénombre et se voyait aussitôt récompensé de délicieux mets préparés avec amour par la princesse impressionnée. Ils ne se marièrent  pas et n’eurent pas de beaux enfants – la princesse était déjà comblée – mais le chevalier allait désormais foutre la paix à son genou martyrisé. Ainsi se concluait sa saison cycliste 2015, 2016 le faisait déjà saliver.

2015-2016

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4 commentaires pour Haut-Languedoc – épisode 4

  1. Stéph dit :

    Bravo, superbe compte rendu. Toujours un plaisir de suite tes aventures. Les couleurs d’automnales sont magnifiques.
    Petite question technique, tu utilises quoi comme pneu? Je n’oserais jamais m’aventurer dans certains de ces chemins de peur d’enchainer les crevaisons.
    Sportivement.

    • jll34 dit :

      Merci Steph. Ce jour-là je devais être en section 25, peut-être même en section 23 vu que la piste n’était pas programmée. J’ai eu du bol car aucune crevaison à déplorer mais j’ai eu moins de chance par le passé.

  2. Alex dit :

    J’ai toujours « aimé » la pub de la Salvetat où on voyait Olargues… pas tout à fait le même climat !!
    Je ne connais pas trop ce coin, même si j’ai approché la zone à plusieurs reprises (Raviège, col du Cabaretou) et le Caroux (à pied). Par contre en été, ça tape et pas toujours facile de trouver des points d’eau. Limite le parcours par endroit ^ ^

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