Balade cévenole

Dimanche 04 octobre 2015. Le week-end dernier, j’étais resté sur ma faim avec l’impossibilité de grimper jusqu’au Truc de Montaigu à cause de la nuit. Ce n’était que partie remise. Le temps de concocter dans la semaine une virée alléchante dans les Cévennes incluant un passage à Valleraugue et j’enfourchais mon vélo 8 jours plus tard du côté de Ganges ! Au programme de la sortie, une nouveauté donc, et du réchauffé qui ne manque toutefois pas de piquant.

carte profil

Je m’engage d’entrée dans la vallée du Rieutord avec le col de l’Asclier dans le viseur.

Sumène

Sumène

Dès les premières pentes sérieuses peu avant Saint-Martial, le bas de mon dos me fait part de sa souffrance ce que n’apprécie guère ma jambe gauche ! Mon corps est en crise ! Pour autant, je persiste et avance à un bon rythme.

Saint-Martial

Saint-Martial

asclierC’est qu’une fois Saint-Martial passé, l’Asclier est un obstacle aimable qui ne relève jamais sa déclivité au-dessus des 5 % ! J’avale du coup successivement les cols intermédiaires de la Tribale et de Bès et achève le travail plutôt confiant quant à ma capacité à poursuivre ma route malgré les maux ressentis.

Panorama sud du col de l'Asclier

Panorama sud du col de l’Asclier

Panorama nord du col de l'Asclier

Panorama nord du col de l’Asclier

Après une descente abrupte et technique, jonchée qui plus est de bogues de châtaignes, j’attaque depuis Les Plantiers le seul versant du col du Pas qui manque à mon tableau de chasse. pas-2Rien de bien sensationnel par ici, on retrouve une montée typiquement cévenole avec sa route étroite et virevoltante, son macadam rêche et sa pente modeste. La semaine dernière, j’ai présenté sa face sud au départ de Valleraugue exactement de la même façon, comme quoi le col du Pas pourrait parfaitement tenir le rôle d’ambassadeur des cols cévenols.pas-1

Panorama du col du Pas avec le Truc de Montaigu pile en face

Panorama du col du Pas avec le Truc de Montaigu pile en face

Un vide-grenier anime le centre de Valleraugue aujourd’hui, je n’y prête guère attention, obnubilé que je suis par le sommet qui est à l’origine à lui seul de cette nouvelle virée cévenole, je veux bien sûr parler du Truc de Montaigu ! Cette fois-ci, il ne m’échappera pas. Le départ est hésitant mais une fois à hauteur du hameau de La Bécède, plus rien ne vous sera épargné ! La route, étroite et dégradée, se tortille dans un premier temps sous les châtaigniers avant de filer droit jusqu’au col intermédiaire de la Croix. Surtout, la pente y est méchamment raide si bien qu’on languit d’arriver au sommet qui tarde à montrer le bout de son nez. Parvenu au col, on se retrouve en ligne de crête de la montagne avec l’antenne implantée sur le Truc de Montaigu en ligne de mire. Si la pente marque une pause, la route, elle, part à la dérive ! Défoncée, elle requiert du cycliste des talents d’équilibriste.

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Après tant d’embûches, je puis vous assurer que le splendide panorama offert à destination se savoure intensément !

Le Mont Aigual en parade !

Le Mont Aigoual en parade !

Si les vététistes ont l’opportunité de plonger directement dans la vallée de Taleyrac via une piste DFCI, les routiers devront quant à eux revenir sur Valleraugue puis redescendre la haute-vallée de l’Hérault jusqu’au hameau du Mazel pour s’y engager. C’est parti pour le savoureux mais difficile enchaînement col des Vieilles – col de la Lusette ! Après un faux départ dû à une crevaison, je m’enfonce paisiblement dans le royaume de l’oignon doux jusqu’à ce que les premières rampes acides du col des Vieilles ne viennent ébranler ma sérénité.

La vallée de Taleyrac sur la route du col des Vieilles

La vallée de Taleyrac sur la route du col des Vieilles

En 3,5 kilomètres, on prend alors près de 300 mètres de dénivelé positif dans les gencives ! Le final du col des Vieilles est tout sauf une partie de plaisir.

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Final du col des Vieilles

Final du col des Vieilles

vieilles-6Au sommet, ne vous réjouissez pas trop vite car le 2ème effet kiss cool offert par le col de la Lusette risque fort de refroidir votre enthousiasme. On reprend très rapidement la grimpette sur une pente modérée qui va s’envenimer doucement mais sûrement jusqu’à atteindre son paroxysme du côté de Cap de Côte. Avec sa pointe à 14 %, le lieu-dit marque le corps et les esprits, mais il amorce aussi un final nettement plus tendre.

Le panorama depuis les pentes de la Lusette est toujours aussi enchanteur

Le panorama depuis les pentes de la Lusette est toujours aussi enchanteur

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Cela se complique en entrant dans la forêt

Cela se complique en entrant dans la forêt

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Ultime épingle avec Cap de Côte

Ultime épingle avant Cap de Côte

lusette-6Pour ma part, ce n’est ni la pente ni mon dos qui va poser problème, mais le bris d’un rayon de ma roue arrière ! La roue voilée, je desserre l’étrier de frein pour éviter tout contact entre les patins et la jante. Que faire désormais, rentrer sagement au plus direct sur Ganges ou achever au moins l’ascension pour le symbole ? Entre redescendre ou poursuivre la grimpée, mon choix, bien qu’hasardeux, est vite fait ! Parvenu au sommet, sans complication, et rassuré quant à la bonne tenue de ma roue défaillante, je décide alors de rester fidèle à ma feuille de route initiale. Avidité, quand tu nous tiens…

montals-2Si le col de la Lusette est d’habitude le tremplin idéal pour conquérir le Mont Aigoual, je vais aujourd’hui me contenter du petit col de Montals. Je retiendrai de ce dernier non pas sa difficulté toute relative, tout juste digne d’une bosse de 4ème catégorie, mais sa nature généreuse sublimée par l’automne.montals-1

Les cascades d'Orgon situées à proximité du col de Montals

Les cascades d’Orgon situées à proximité du col de Montals

20 kilomètres plus tard, j’ai perdu plus de 1 000 mètres de dénivelé, sans que ma roue arrière n’ait montré un seul signe de faiblesse, et je m’apprête désormais à escalader le col de Mouzoules. Le pied de ce dernier a beau être roulant, les kilomètres commencent à peser sérieusement dans les jambes. mouzoules-3J’arrive à Mars, normalement ça repart, sauf que la pente ne l’entend pas ainsi et oppose quelques pourcentages supplémentaires. Aucune clémence, le final est encore plus raide et me met au supplice.

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Panorama du col de Mouzoules

Panorama du col de Mouzoules

campvielLa descente jusqu’à Aumessas, un petit détour par Arrigas et je rejoins la belle et large RD 999 en pleine montée vers Alzon. D’Alzon, je ne verrai que le nom sur les panneaux directionnels puisqu’avant même l’entrée du tunnel qui précède la commune, je file à gauche direction Blandas. La pente, peu prononcée jusqu’ici, s’adoucit davantage encore pour s’éteindre finalement 5 kilomètres plus loin au col de Campviel. Perché à 750 mètres d’altitude sur le causse de Blandas, je me projette alors très rapidement sur ledit village avant de plonger au cœur du splendide Cirque de Navacelles.

Le Cirque de Navacelles vu depuis le belvédère de Blandas

Le Cirque de Navacelles vu depuis le belvédère de Blandas

Les Gorges de la Vis

Les Gorges de la Vis

C’est toujours un enchantement de découvrir ce Grand Site, ça l’est moins de devoir s’en extirper en vélo ! baume-auriol-3La montée vers le belvédère de La Baume Auriol est courte, à peine plus de 3 kilomètres, mais fort éprouvante avec notamment un final qui pique. Bref, on n’est pas mécontent d’en voir le bout d’autant que là-haut, le panorama sur le Cirque est juste exceptionnel.baume-auriol-1baume-auriol-2L’heure avançant et les journées raccourcissant, je trace ma route sans prendre le temps de profiter de la vue. Saint-Maurice-Navacelles est déjà là mais la route qui plonge sur Madières est barrée ! Peu importe, ce n’est pas le moment de tergiverser, je m’y engage, on verra bien. Et j’ai vu ! D’abord la chaussée parsemée d’éboulis puis, à mi-pente, la route en partie emportée dans le ravin. Les intempéries du mois dernier n’ont pas fait dans la demi-mesure par ici !

Oups !

Oups !

Les dégâts sont assez importants pour empêcher le passage des voitures mais sûrement pas des vélos. Une fois rendu dans la vallée de la Vis, il me suffisait alors de longer la rivière pour achever paisiblement la virée. Un scénario toutefois trop lisse à mon goût que j’ai souhaité pimenté en m’offrant un baroud d’honneur dans une ultime bosse. Sous la Baume, c’est son nom, débute très discrètement sur la droite à la sortie de Gorniès.

Départ de l'ultime bosse

Départ de l’ultime bosse

Autant les 2 premiers kilomètres sont coriaces et sinueux, autant la deuxième partie de l’ascension est rectiligne et ultra roulante. Un point commun toutefois à toute la montée, la chaussée étroite et quelque peu dégradée. sous-la-baume-2

Le sommet dans la pénombre

Le sommet dans la pénombre

Ce péché de gourmandise va me coûter de rentrer une nouvelle fois avec la nuit ! L’expérience nocturne sera quand même moins longue que la semaine passée, la brève descente s’achevant à Cazilhac aux portes de Ganges. Malgré un dos capricieux au départ et une roue tordue sur plus de la moitié du parcours, je viens de réaliser l’une de mes plus belles balades cévenoles.

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2 commentaires pour Balade cévenole

  1. Alex dit :

    ah les routes cévenoles et leur agréable rendu !
    Quand je vois la qualité de la route du col de la Croix, je suppose que ça doit pas trop être possible en vélo de route pour le col de l’Elze (environ 500m sur RF) ?
    Le col de la Croix et L’Homme Mort sont les seuls qui me manquent dans cette partie.
    Pour la Lusette 🙂 que du bonheur (sauf en descente).
    La route de Madières, j’y suis passé en voiture en aout 2015, ça tourne, ça tourne, c’est étroit, mais que c’est beau (et il y fait chaud aussi ^ ^)

    Encore une belle sortie 🙂

    • jll34 dit :

      Merci Alex,
      oui, c’était une bien belle virée et je commence à bien connaître le coin maintenant.
      J’ai toutefois encore dans le sac une sortie avec des routes toujours pas empruntées, dont le col de l’Homme Mort effectivement !
      A suivre

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