Tour de France 2015 – La Pierre Saint-Martin

Mardi 14 juillet 2015. C’est jour de fête nationale, c’est surtout jour de Tour de France à La Pierre Saint-Martin ! Petit flash-back. Les rumeurs enflaient dès le mois de septembre, le 22 octobre 2014 ce fut confirmé : la station de La Pierre Saint-Martin accueillera l’arrivée de la 10ème étape du Tour de France 2015. Le pied !

carte TDF 2015 profil étape 10 TDFUn grand événement mérite un programme d’envergure. Ainsi, si le peloton du Tour de France se contentera de l’unique ascension vers la station pyrénéenne lors de cette étape, sans vouloir dénigrer les bosses précédentes, de notre côté nous en profiterons pour enchaîner les cols. Je dis « nous » car je serai accompagné pour l’occasion par Philippe, un ami d’enfance converti aussi aux joies de la bicyclette.

carte profilNous démarrons notre expédition de Chéraute, au cœur de la Soule. Si la commune ne vous dit rien, sa voisine Mauléon-Licharre doit davantage vous interpeller en tant que capitale de l’espadrille. Vous ne le saviez pas ? Peut-être avez-vous entendu parlé, ou plutôt chanté les célèbres fêtes de Mauléon qui sont d’ailleurs actuellement célébrées ? Toujours pas ! Bon, sachez au moins que la ville est un point de départ idéal pour de formidables virées cyclistes dans les Pyrénées basques. La preuve par l’exemple.

Quelques kilomètres de chauffe, le temps de disserter sur notre programme et de pester contre la brume qui engloutit une nouvelle fois le relief en ce petit matin, et le col de Lecharria nous offre son coriace pied dès la sortie d’Aussurucq.

A l'assaut des sommets brumeux des Pyrénées

A l’assaut des sommets brumeux des Pyrénées

Les premières pentes, qui ne se domptent pas facilement, font des quelques cyclistes qui nous précèdent d’appétissantes carottes.

Large épingle du col de Lecharria

Large épingle du col de Lecharria…

... suivie d'une belle et éprouvante ligne droite

… suivie d’un beau et éprouvant bout droit

Le final, plus roulant, nous permet de les rattraper et d’engager un peu la conversation.

Final du col de Lecharria

Final du col de Lecharria

col Lecharria PhilippePhilippe va alors avoir droit à une véritable leçon de modestie ! A écouter son nouveau compagnon de route, il en vient à se demander comment un tel talent se retrouve encore au bord de la chaussée sans contrat pro ! C’est dingue la propension qu’ont de nombreux cyclistes à toujours trouver une explication à leur soi-disante col Lecharria JLcontre-performance du moment. Parmi les plus servies : « je n’ai pas récupéré d’hier », « je n’ai pas de bonnes sensations aujourd’hui », « j’ai déjà X kilomètres dans les pattes » ou « ma sortie est longue donc j’en garde sous la pédale » etc. Hé ! Laisse-moi t’éclairer, ne serais-tu pas tout simplement moins bon grimpeur ?

On immortalise notre grimpette en prenant la pose tour à tour devant le panneau usé du col avant de plonger sur Alçay.

Panorama dans la descente sur Alçay

Beau panorama souletin en plongeant sur Alçay

Sans transition, l’Idigorria lepoa, plus communément appelé col de Bosmendieta, se dresse sur notre route. Il s’agit d’une découverte pour Philippe et d’une 2ème visite pour moi. Je gardais le souvenir d’une seconde partie d’ascension âpre, il est rassurant de constater que ma mémoire ne me joue pas de tours.

Secteur gravel du col de Bosmendieta

Secteur gravel du col de Bosmendieta

C’est raide et ça m’incite à pédaler avec intensité, j’ai la socquette légère aujourd’hui ! A l’approche du sommet, le brouillard cède définitivement sa place à un franc soleil qui va inonder les Pyrénées pour le reste de la journée, ce qui ne sera pas sans conséquence sur le scénario de l’étape du Tour. Nous y reviendrons.

Au bout du chemin, la lumière !

Au bout du chemin, la lumière !

Philippe BosmendietaJL BosmendietaSi le col de Lecharria, dont les pentes sont communes à celles du col d’Ahusquy, attire de nombreux cyclistes, on ne peut pas en dire autant du Bosmendieta qui est particulièrement délaissé. Nous n’y avons croisé la route que d’un seul cyclo espagnol. Ses voisins, que sont les cols de La Pierre-Saint-Martin, de Bagargui et d’Ahusquy donc, lui feraient-ils de l’ombre ?

Philippe le vacher

Philippe le vacher

Le pic d'Orhy en parade dans la descente du Bosmendieta

Le pic d’Orhy en parade dans la descente du Bosmendieta

Sitôt la descente achevée, nous remettons le couvert dans l’exigeante côte de Larrau qui ne s’éternise pas fort heureusement. Cela dit, nous aurions très bien pu poursuivre la grimpette jusqu’au Port de Larrau mais ce dernier n’est pas au programme. Aujourd’hui, c’est le col du Soudet qui est dans la lumière !

Si je considère la face nord du Soudet au départ de Lanne-en-Barétous comme la plus difficile avec notamment l’ascension préalable du col de la Hourcère, je classerais volontiers son versant ouest juste derrière. profil SoudetUn conseil, ne vous fiez surtout pas à ses caractéristiques générales, soit 21,7 kilomètres à 5,6 % de moyenne, et apprêtez-vous plutôt à ferrailler dur. On attaque officiellement le col à partir du giratoire de la centrale hydroélectrique de Licq-Athérey.

C'est parti !

C’est parti !

Les 11 premiers kilomètres jusqu’au bourg de Sainte-Engrâce sont cléments, la pente s’élève très progressivement tout en restant inférieure à 5 %. Comme un symbole, l’église romane à la sortie du village est le point de départ des hostilités.

L'église de Sainte-Engrâce à droite, l'enfer du Soudet à gauche

L’église de Sainte-Engrâce à droite, l’enfer du Soudet à gauche

Jusqu’au sommet désormais, une pente féroce, qui plus est régulièrement exposée au soleil, tempérée par 2 courts secteurs propices à la décontraction, à savoir le plateau d’Iratzordoki et le col intermédiaire de Suscousse. Ceux-là, je vous assure que vous les apprécierez !

Un oasis dans le désert !

Une oasis dans le désert !

Carrefour du col de Suscousse : en face Sainte-Engrâce, à droite Issarbe et le col de la Hourcère

Carrefour du col de Suscousse : en face Sainte-Engrâce, à droite Issarbe et le col de la Hourcère

Comme prévu, le col draine un important flot de cyclistes et pour cause, son sommet est sur la route du Tour ! Au cours de mon ascension, je récupère puis dépasse un groupe d’espagnols au niveau du plateau d’Iratzordoki. Décidé à grimper avec intensité jusqu’au col de Suscousse, je me rends vite compte qu’un jeune a pris ma roue. Je reste concentré sur mon effort et maintiens un rythme élevé. Il s’accroche mais ne prends pas de relais. Va-t-il accélérer et me déposer ? Non, il craque ! Je le retrouve plus haut et lui demande confirmation de sa nationalité : « ¿ Es usted español ? » Réponse sèche : « No, soy vasco ». OK, soit le loustic a été touché dans son orgueil, soit j’ai affaire à un indépendantiste en gestation.

Final du col du Soudet

Final du col du Soudet

Philippe aérien au sommet du Soudet

Philippe aérien au sommet du Soudet

Le col du Soudet est situé à 1 kilomètre tout juste de la ligne d’arrivée tracée dans la station de La Pierre Saint-Martin.

Ça sent bon le Tour !

Ça sent bon le Tour !

Malheureusement, la route est déjà fermée et il est impossible d’aller plus haut. Ici, c’est bondé et noyé sous le soleil. Malgré les avertissements pressants de la gendarmerie qui ne veut voir personne sur la route, nous parvenons quand même à descendre sur quelques centaines de mètres afin de trouver l’ombre tant désirée. Place désormais au Tour de France.

Une seule montée sérieuse prévue lors de cette 10ème étape donc, à savoir l’ascension finale vers la station béarnaise depuis Arette, et pourtant de sacrés dégâts à déplorer dans le peloton. Froome écrase la concurrence, le Team Sky place 3 coureurs dans le top 6, les adversaires n’ont plus que leurs yeux pour pleurer ! le Tour est déjà plié. Quintana limite la casse, Contador est relégué à près de 3 minutes, Nibali à plus de 4 et les leaders français sont à la dérive. Voici une petite vidéo pour apprécier les écarts déjà conséquents à 2 kilomètres de l’arrivée :

Une fois tout le barnum du Tour passé, nous reprenons notre route en plongeant très prudemment dans la vallée de Barétous. C’est que la foule est encore bien présente au bord de la route !

Panorama depuis les hauteurs du Soudet

Panorama depuis les hauteurs du Soudet : on devine le plateau de Chousse en contrebas

Magnifique sculpture géante réalisée sur les pentes dominant le plateau de Chousse (larepubliquedespyrenees.fr)

Magnifique sculpture géante réalisée sur les pentes dominant le plateau de Chousse (www.larepubliquedespyrenees.fr)

Arrivés à Aramits, Philippe prend les rênes de notre expédition, lui seul connaissant le chemin à suivre pour rejoindre Barcus. Entre les deux communes se dresse un petit col dont j’ignorais même l’existence. Le col de Bugalaran est court, seulement 3,5 kilomètres, mais se fait respecter avec quelques rampes bien senties. Il offre surtout un fantastique panorama sur le Barétous.

Le Barétous vu depuis le col de Bugalaran

Le Barétous vu depuis le col de Bugalaran

Une descente abrupte suivie de quelques coups de pédale et nous retrouvons la Soule. Parce qu’il n’y a vraiment rien de plat au Pays Basque, nous ne pouvions clôturer cette virée estivale sans escalader une ultime bosse, en l’occurrence la côte de Barcus (ou plus précisément l’Hameka-co lepoa).

La Madeleine vue depuis le sommet de la côte de Barcus

La Madeleine vue depuis le sommet de la côte de Barcus

Il a fait chaud, il se fait soif, la bière des fêtes de Mauléon ne demande qu’à être bue, elle va séduire 2 amateurs qui vont ainsi goûter aux plaisirs simples de la vie. Un tel réconfort après l’effort, c’est juste jouissif !

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Un commentaire pour Tour de France 2015 – La Pierre Saint-Martin

  1. félipé dit :

    Salut l’ami, magnifique article une fois de plus et ravis d’avoir partagé cette journée en ta compagnie. Je suis prêt pour un prochain rendez vous peut être lors de la venue de la Vuelta sur nos terres des Pyrénées début Septembre.
    A très vite…

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