A la découverte des Pyrénées ariégeoises – épisode 4

Lundi 22 juin 2015. Après une journée détente entre amis et avant de retrouver mon train-train quotidien à Montpellier, j’ai souhaité faire escale en Ariège histoire de découvrir le plus mythique des cols muletiers pyrénéens : le Port d’Aula !

carte étape 2 profil étape 2Avec un départ de Saint-Girons, je m’assure un début de sortie des plus paisibles. Si la rivière du Lez accompagna mes premiers tours de roue lors de ma précédente visite dans le Couserans en juillet 2014, j’apprécie aujourd’hui la quiétude du Salat.

Le Salat traverse Saint-Girons

Le Salat au cœur de Saint-Girons

Alors que ce dernier vient de s’effacer au profit de son affluent le Nert, je traverse le petit bourg de Rivèrenert et pars à l’assaut du premier obstacle du jour : le col de la Crouzette.

Je connais bien ce sommet ariégeois pour lui avoir déjà rendu visite à deux reprises mais j’ignore tout de son versant ouest.

Départ du col de la Crouzette

Départ du col de la Crouzette

Première impression, on a affaire à un col typiquement pyrénéen doté d’une route étroite qui se tortille en sous-bois avant de tirer tout droit dans le final.

J'ai droit à mon petit troupeau de brebis

J’ai droit à mon petit troupeau de brebis dans l’ascension

Côté difficulté, je découvre une ascension irrégulière au départ, tenace dans sa partie centrale et féroce dans sa conclusion rectiligne.

Final droit et raide

Final droit et raide

Bref, soyez modeste et n’y allez pas trop fort au pied ! Quand bien même vous galéreriez, sachez que la récompense là-haut est de taille d’autant que l’ascension en elle-même ne gratifie le cycliste d’aucun panorama. panorama Crouzettecol de la CrouzetteSi par contre vous avez des jambes de feu, n’hésitez surtout pas à prolonger votre effort jusqu’au col de Portel, le plus dur a déjà été fait et vous irez par la même occasion titiller les 1500 mètres d’altitude.

col du SarailléPour ma part, je plonge, c’est le cas de le dire vu la raideur de la pente, sur Biert et enchaîne sans transition avec le court mais âpre col de Saraillé. Pas de surprise ici, je savais à quoi m’en tenir puisque j’avais dévalé cette face l’automne dernier. Le col fait la liaison entre la vallée de l’Arac et celle du Garbet que je rejoins du côté d’Ercé. Aulus-les-Bains suit rapidement malgré la pénibilité du tronçon, apothéose du faux-plat montant. col de LatrapeEn soi, rien de surprenant, il s’agit ni plus ni moins que de l’approche, certes détestable, des cols d’Agnes et Latrape. Pour moi, ce sera celui de Latrape, une vieille connaissance de 5 kilomètres à 7,2 % que je vais gravir avec intensité au point de terminer exténué.

Guzet NeigeEt pourtant, je m’apprête à remettre aussitôt le couvert en allant chercher la station de sports d’hiver de Guzet-Neige. A chacun de mes passages dans le secteur, j’ai toujours ignoré la dite station. Cette fois est la bonne ! Juste le temps de reprendre mon souffle et je repars donc pour 6,6 kilomètres à 7,3 %.

Départ de la montée vers Guzet-Neige

Départ de la montée vers Guzet-Neige

Un départ dans les gravillons, un final en trompe-l’œil et de surcroît plus prononcé, un beau point de vue au sommet, voilà ce que je retiens de ce supplément de grimpette forcément usant.

La station est en vue... mais l'ascension n'en finit jamais !

La station est en vue… pas le sommet !

Panorama depuis le haut de Guzet-Neige avec Aulus-les-Bains au fond de la vallée

Panorama plein ouest depuis le haut de Guzet-Neige avec Aulus-les-Bains au fond de la vallée

Le Port d’Aula me tend désormais les bras ! Il me faut au préalable descendre toute la vallée d’Ustou jusqu’au petit hameau du Pont-de-la-Taule puis rejoindre le village de Couflens non sans mal puisque le faux-plat a repris ses droits. Me voici aux sources du Salat mais surtout au pied du monument pyrénéen. 18 kilomètres de dur labeur et autant de pur bonheur sont au programme.

Départ du Port d'Aula

Départ du Port d’Aula

Profil du Port d'Aula

Profil du Port d’Aula

Les premiers kilomètres sont des plus classiques avec une route étroite et raide qui s’élève à travers la forêt et qui vient desservir un hameau isolé, en l’occurrence celui de Faup. La végétation tend alors à se clairsemer, les habitations se font plus rares et au bout de 6 kilomètres l’asphalte cède définitivement sa place à la caillasse ! Sale temps pour mes roues.

Transition asphalte - piste

Transition asphalte – piste

La sanction tombe presque aussitôt, les trop nombreuses saignées drainantes qui taillent la piste ont raison d’une première chambre à air. Je répare mais la remplaçante est défectueuse ! J’installe donc la deuxième et dernière disponible, je n’ai plus de crédit ! Je reprends quand même le grimpette et galère sur les rudes pentes surchauffées qui précèdent le col de Pause.

Galère !

Galère vers le col de Pause !

9 kilomètres, j’ai effectué la moitié du chemin mais j’hésite à poursuivre l’expédition car je suis en sursis vis-à-vis d’une nouvelle crevaison. Je pourrais me contenter du col de Pause, c’est déjà beau, mais la suite semble juste incroyable.

Panorama du col de Pause vers la vallée. On se rend compte du chemin parcouru

Panorama du col de Pause vers la vallée. On se rend compte du chemin parcouru

On commence à tutoyer les hauts sommets ariégeois

On commence à tutoyer les hauts sommets ariégeois

Au diable la sagesse, je fonce ! Par chance, je découvre une piste en meilleur état jusqu’à l’étang d’Arréou. Elle est même enivrante et fascinante. Je suis comblé.

Une des nombreuses épingles précédant l'étang d'Arréou

Une des nombreuses épingles précédant l’étang d’Arréou

Panorama de l'étang d'Arréou. La piste y est envoûtante

Panorama depuis l’étang d’Arréou. La piste y est envoûtante

L'étang et le refuge d'Arréou

L’étang et le refuge d’Arréou

13 kilomètres, dois-je en rester là ? Que nenni, je continue, j’en veux plus ! J’évolue maintenant sur une piste herbeuse parsemée de grosses pierres, l’escalade est difficile mais toujours possible. Plus rien ne peut m’arrêter de toute façon. L’environnement est majestueux, silencieux et sauvage à souhait, la magie opère, je suis dans un état second.

Je prends de la hauteur

Je prends de la hauteur

L'étang d'Arréou se fait tout petit désormais

L’étang d’Arréou se fait désormais tout petit

le Mont Valier en parade

le Mont Valier en parade

Une piste pas vraiment adaptée aux vélos de route

Une piste pas vraiment adaptée aux vélos de route

Toujours plus haut !

Toujours plus haut !

Enfin le Port d’Aula, je suis aux anges, perché à 2 260 mètres d’altitude. Je profite à fond du site avant de rebrousser chemin.

Panorama du Port d'Aula vers l'Espagne

Panorama du Port d’Aula vers l’Espagne

Panorama du Port d'Aula vers la France

Panorama du Port d’Aula vers la France

Port d'AulaLa descente est délicate voire périlleuse par endroits, je m’en sors plutôt pas mal jusqu’à ce que la crevaison tant redoutée stoppe net mon avancée. Certes, elle me pendait au nez depuis un petit moment déjà mais j’aurais préféré que cela m’arrive un petit peu plus bas. C’est que là, je suis seul au milieu des estives et très éloigné des premières habitations. Bref, je n’ai d’autre choix que de poursuivre à pied, les cales m’offrant à cette occasion une marche des plus confortables ! Je dois finalement mon salut à un couple de retraités franciliens rencontré au niveau du col de Pause. Ils vont écourter leur balade pour me ramener aimablement à Saint-Girons. Sans eux, j’y serai encore !

Publicités
Cet article, publié dans Pyrénées, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

8 commentaires pour A la découverte des Pyrénées ariégeoises – épisode 4

  1. Stéph dit :

    Bonjour. Bravo pour ces récits et photos que j’ai toujours plaisir à suivre. J’avais découvert ce blog en commençant par la série « l’enfer basque », mais là il n’y a même plus de route!!! Chapeau, continu de nous faire rêver.

  2. casailicia dit :

    belle balade et photos magnifiques ! merci

  3. Leinhart dit :

    Bonjour.
    Le Port d’Aula me fait rêver depuis un moment et je suis content d’enfin trouver quelqu’un qui l’ait monté en vélo de route. Pourrais-tu m’en dire un peu plus sur ta machine (roues, pneus, pression, braquet…) pour que je sache si la montée serait envisageable avec mon vélo ?
    Je suis preneur de tout conseil 😉

    • jll34 dit :

      Bonjour Luc,
      j’ai attaqué le Port d’Aula avec le plus simple appareil ! Non pas que j’étais nu, mais j’y suis allé avec mon vélo de route poids plume et avec des roues lambda (et non avec mes Ksyrium, ouf !). J’étais équipé de pneus section 25 je crois (je n’ai pas fait le kamikaze avec des pneus 23 d’après mes souvenirs) relativement bien gonflés (entre 7 et 8 bars car il faisait beau et chaud). Si mes souvenirs sont encore bons, je disposais d’un braquet 36 x 28. Maintenant, j’ai escaladé depuis d’autres cols muletiers (Cormet d’Arêches, Colle Basset, Colle delle Finestre, Col du Parpaillon, Col de Valbelle, Pic du Midi de Bigorre) et je te conseille plutôt d’utiliser des pneus section 28 bien plus confortables et résistants. Avec de tels pneus et pour peu que la piste ne soit pas défoncée ou archi caillouteuse, tu te régaleras sans crainte particulière. Bonne expérience d’avance et reviens me raconter ton expédition stp.

      • Leinhart dit :

        Un grand merci pour cette réponse !
        Je roule actuellement en 25, mais l’investissement dans des 28 pour ce genre de sorties est envisageable. En revanche, je n’ai qu’une paire de Ksyrium et j’avoue ne pas être hyper rassuré à l’idée de les emmener sur ce terrain… Après tout, elles ont déjà fait le Tour des Flandres en début d’année, alors niveau choc, elles ont déjà eu leur compte !
        Si j’y vais, ça sera probablement en septembre, une fois ma saison de cyclos terminée 😉

      • Leinhart dit :

        Bon, après de nombreuses péripéties (notamment un chute juste avant Couflens il y a trois semaines qui m’a privé de vélo pendant 10j…), j’ai enfin pu escalader le Port d’Aula juste avant l’hiver. Montée sèche, en partant directement du pied pour avoir le temps (il fait trop froid le matin et les jours racourcissent…).
        Au final c’était un régal. La montée s’est faite sans encombre, aucune crevaison à déplorer, des paysages exceptionnels, un grand calme…
        La descente était plus délicate en revanche, j’ai même fait les quelques kilomètres entre le col de Pause et le retour du bitume à pied…
        Je prévois de rédiger un petit compte rendu, mais d’ici là, il y a l’export Strava avec les photos ! Un grand merci de m’avoir démontré que c’était faisable !
        https://www.strava.com/activities/746936620
        Ca amène une autre question, puisque maintenant j’en veux plus… Le Pic du midi, c’est dans quel état par rapport au Port d’Aula ?

      • jll34 dit :

        Super ! j’ai vu tes photos et je m’y revoyais ! Je ne doute pas que tu t’y sois régalé avec cette impression d’être seul au monde. Le Port d’Aula est vraiment une expérience unique ! Content que tu aies pu la vivre avant l’hiver.
        Alors, pour ce qui est du Pic du Midi de Bigorre : jusqu’au col du Tourmalet, RAS, sauf qu’on vient de grimper un mythe ! Du col du Tourmalet au col de Sencours, ça passe bien car la pente reste modérée (8 %). A partir du col de Sencours, ça devient vraiment délicat, la pente se redresse nettement (10 – 11 – 12 %) et la piste est très caillouteuse. Perso, je n’ai pas insisté en vélo car la roue arrière dérapait et je m’épuisais inutilement. Du coup, j’ai laissé mon vélo au bord du chemin et j’ai terminé l’ascension en tongues! Avec un VTT ou un VTC, je pense qu’il est largement possible de continuer jusqu’au col des Laquets. Le final ne peut malheureusement s’effectuer qu’à pied car sentier étroit et abrupt. Ceci dit, grimper jusqu’au col des Laquets est déjà une sacrée performance en soi et la panorama y est juste incroyable. Mais arrivé au col des Laquets, on ne peut s’empêcher de poursuivre à pied vu que le Pic du Midi est tout proche. L’effort en vaut la peine, tout là-haut la vue est extraordinaire. Par contre, pour ce qui est de la tranquillité, c’est pas gagné, ça grouillait de randonneurs quand j’y suis allé, un dimanche certes. Tu peux retrouver les photos de ma virée là-bas en suivant le lien facebook de mon blog (sortie du 14 août dernier)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s