L’enfer basque – épisode 4 : Pico Gorramakil, Mont Artzamendi et Mont Baïgura

Mardi 14 avril 2015. Je profite d’une semaine de vacances dans mon sud-ouest natal pour écrire un nouvel épisode de ma série « l’enfer basque ». Au programme du jour, 2 petits cols pour s’échauffer, Pinodieta et Lizarrieta, 2 sommets espagnols éprouvants, Urtsua et le Pico Gorramakil, et 2 monts diaboliques, Artzamendi et Baïgura.

enfer basque 4profil enfer basque 4Il fait chaud, très chaud même, c’est l’été avant l’heure dans le sud-ouest. Ma longue séance d’UV qui débute à Cambo-les-Bains risque de s’intensifier au gré des sommets. Excité à l’idée de défier en fin de partie les terrifiants monts basques, je m’élance intrépide à l’assaut des premières difficultés. Alors que je m’apprête à entrer dans Espelette, le mont Artzamendi parade sur ma gauche ; une photo s’impose, à ceci près que l’appareil photo est resté sur le tableau de bord de ma voiture ! Retour à la case départ.

le Mont Artzamendi et sa boule radar parade à l'horizon

le Mont Artzamendi et sa boule radar parade à l’horizon

Cette fois-ci, c’est parti pour de bon, l’Artzamendi est dans la boîte, Espelette traversée, le petit col de Pinodieta gravi et la commune de Sare rejointe. Je me trouve désormais au pied du col de Lizarrieta, 10 kilomètres de long d’après les profils pour seulement 5 kilomètres d’efforts véritables. Une ascension fort agréable au demeurant puisqu’on évolue en sous-bois et sur des pentes modestes. Le coup de pédale y est bon malgré une tension nerveuse palpable.

Agréable ascension du col de Lizarrieta

Agréable ascension du col de Lizarrieta

Sommet du col de Lizarrieta

Sommet du col de Lizarrieta

Le col de Lizarrieta m’ouvre les portes de la Navarre. Je m’écarte du sujet pensez-vous en quittant le province basque du Labourd ? Ce n’est pas faux mais c’est à nuancer ! Administrativement, la Navarre est effectivement une communauté autonome espagnole mais culturellement elle est l’une des 7 provinces basques traditionnelles. Les nationalistes la considèrent même comme le berceau de la nation basque ! Bref, je profite d’un billard, les routes françaises souffrent de la comparaison avec leurs homologues espagnoles, et d’un cadre bucolique pour plonger sur Etxalar, village à l’architecture populaire et remarquable.

Église d'Etxalar

Église d’Etxalar (www.turismo.navarra.es)

L’ascension suivante n’a pas de nom spécifique, je lui attribue donc par défaut celui du lieu-dit voisin du sommet : Urtsua. Pour s’y mesurer, il suffit de suivre dans Etxalar les panneaux indiquant la direction de Zugarramurdi. Jusqu’ici, rien de bien compliqué mais c’est sans compter sur une pente féroce dotée de pourcentages à 2 chiffres et d’une chaussée abîmée qui vient démentir mon assertion sur la qualité de la voirie espagnole.

Panorama d'Urtsua

Panorama d’Urtsua

Route bucolique post-Urtsua

Route bucolique post-Urtsua

A peine ai-je eu le temps au sommet d’apercevoir à l’horizon l’antenne qui trône sur l’alto Otanarte, soit mon prochain objectif, que je me retrouve au pied de l’ascension longue de 16,5 kilomètres. Alto OtanarteEt quel pied ! 3 premiers kilomètres à plus de 9,5 % de moyenne suivis peu après d’un court tronçon descendant me permettent de rejoindre le puerto de Otxondo.

Départ de la partie sauvage du Pico Gorramakil

On quitte le puerto de Otxondo et on attaque la partie sauvage du Pico Gorramakil

La suite s’opère alors dans un cadre sauvage et dénudé avec une première partie inoffensive et un final nettement plus tranchant.

Superbe panorama sur la vallée du Baztan en cours d'ascension

Superbe panorama sur la vallée du Baztan en cours d’ascension

La fin est proche !

La fin est proche !

Sous un soleil à son zénith, je termine en surchauffe et littéralement à genoux devant l’antenne. antenne alto Otanarte

Panorama de l'alto Otanarte avec la route empruntée en contrebas

Panorama de l’alto Otanarte avec la route tout juste empruntée en contrebas

Profitant du site pour me refaire un peu la cerise, je reprends alors le cours de la NA-2655, fortement dégradée, jusqu’à son terminus au sommet du Pico Gorramakil. Là-haut, la panorama y est grandiose, je peux notamment scruter ma prochaine destination, défi devrais-je dire, à savoir l’effrayant Mont Artzamendi.

L'alto Otanarte vu depuis le Pico Gorramakil

L’alto Otanarte d’un côté…

Le Mont Artzamendi vu depuis le Pico Gorramakil

…le Mont Artzamendi de l’autre

Lui ne constitue pas une nouveauté (cf. épisode 1 de la série) mais j’ai une revanche à prendre puisque j’y ai coincé lors de ma première tentative. Afin de m’y refrotter, il me faut au préalable revenir à Espelette et cela passe déjà par un retour en France du côté de Dantxaria.

La vie est belle !

Tranquille mimile !

Suivent alors la traversée d’Ainhoa, classé parmi les plus beaux villages de France, puis mes retrouvailles avec le col de Pinodieta.

Rue principale et typiquement basque d'Ainhoa

Rue principale et typiquement basque d’Ainhoa

M’y voici enfin ! Sitôt engagé sur la RD 249 en direction d’Itxassou, sitôt confronté aux pentes diaboliques du col de Légarré. Il est court mais son kilomètre à 15,5 % de moyenne traumatise !

ça pique !

ça pique !

Le col franchi, on reste sur les hauteurs un petit moment, progressant au gré de courtes descentes et de vicieux taquets inspirés, avant de plonger et d’effectuer la connexion avec la route qui vient de Laxia et qui va vous mener droit en enfer ! Les présentations ont déjà été faites, les 7,5 kilomètres restants à gravir n’ont rien d’amical mais c’est surtout le final qui m’obsède et que je souhaite mater pour de bon. Émoussé, je prends le temps de récupérer au niveau de l’embranchement avec la route du col des Veaux avant de me jeter dans la gueule du loup.

On y est !

On y est ! A droite, le col des Veaux, à gauche l’Artzamendi

Le coup de pédale est lourd, j’avance au ralenti et me hisse laborieusement jusqu’au col de Méhatché.

Méchante épingle

Méchante épingle

Le calvaire du Méhatché

Le calvaire du Méhatché

Tandis que des pompiers surveillent l’évolution d’un écobuage attisé par le vent, je m’attaque à l’ultime tronçon infect, celui-là même qui m’avait terrassé la fois précédente.

Le col de Méhatché

Le col de Méhatché

Je n’y rayonne pas mais je sens que j’ai davantage de ressources aujourd’hui. Je tiens ma revanche !

Final de l'Artzamendi

Final de l’Artzamendi

"This is the Basque Country"

« This is the Basque Country »

Je peux alors savourer les lieux et le panorama tant mérité, distinguant au passage les antennes du Mont Baïgura que je vais tâcher désormais de rejoindre. Ma foi, c’est plutôt encourageant et motivant d’apercevoir à chaque fois le prochain objectif depuis le sommet que l’on vient tout juste d’escalader !

panorama ArtzamendiMoi qui espérais une douce transition en longeant la Nive, je vais malheureusement subir les affres d’une route digne des pires montagnes russes ! J’entre du coup dans Louhossoa dans un état d’épuisement avancé alors que les première pentes du Mont Baïgura sont déjà là !

A l'assaut du Mont Baïgura !

A l’assaut du Mont Baïgura !

La première partie de la montée, effectuée sur la RD 119 en direction d’Hélette, peut être qualifiée de simple faux-plat au vu des 5 derniers kilomètres. En effet, en empruntant, au niveau de la base de loisirs de Baïgura, l’étroite route qui file à droite, on va très rapidement chercher le plus petit braquet disponible sur son vélo !

Le début de l'enfer !

Le début de l’enfer !

En plus d’être dégradée, la chaussée s’incline férocement et n’offre que trop peu de plages de récupération. Les rampes assassines se succèdent, parfois même entaillées de sillons en gravier qui demandent un regain d’effort dont je ne suis plus capable.

Bim !

Bim !

Bam !

Bam !

Boum !

Boum !

La pente se calme un peu sur les lacets finaux

La pente se calme un peu dans les lacets finaux

Pour couronner le tout, je crève à l’entame du dernier kilomètre. Le sort s’acharne mais je vais forcer le destin et finir par atteindre le sommet venté et squatté par les pottoks.

Victoire !

Victoire !

panorama Baïgurra 2panorama BaïgurraIl est 20 heures pétantes, il s’agirait désormais de rentrer sur Cambo-les-Bains ! Vous pensez bien que le chemin du retour n’est en aucun cas plat. Que ce soit en rejoignant Macaye ou juste après sur la route touristique de Pazkaleku, je vais aller de surprise en surprise, toutes plus raides les unes que les autres. La nuit tombe, Cambo s’apaise et moi je me réjouis d’en terminer avec cet épisode 4 de l’enfer basque.

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4 commentaires pour L’enfer basque – épisode 4 : Pico Gorramakil, Mont Artzamendi et Mont Baïgura

  1. adrien dit :

    Bonjour,
    J’ai tenté l’ascension du Baïgura le weekend dernier mais je n’ai pas pu arriver en haut à cause de l’état de la route. J’ai passé les premiers passages caillouteux à vélo (en me faisant peur parfois avec la roue arrière qui patine) mais par moment j’ai du poser le pied à terre, et dans ce cas c’est difficile de relancer la machine dans du 15-20% ! Du coup je n’ai fait que le premier kilomètre, ne sachant pas si la route était comme ça jusqu’en haut et ayant surtout peur pour la descente…
    Aviez vous des pneus de petite section pour votre ascension ? En tout cas bravo pour votre sortie, c’est impressionnant !

    • jll34 dit :

      bonjour Adrien, oui j’avais des pneus petite section et comme toi ça patinait sévère dans les passages caillouteux. J’ai dû poser pied à terre une fois. Après, je voulais arriver au sommet donc j’ai insisté et c’est faisable avec de tels pneus (malgré la crevaison). A retenter pour toi. Merci en tout cas

  2. fedensieu dit :

    As tu déjà tenté la montée d oxondo par la n.a 4453 en partant d Espagne? Je pense qu elle pourrait te plaire

    • jll34 dit :

      Bonjour,
      tu parles sûrement de la route qui démarre non loin d’Oronoz-Mugairi et qui franchit le collado de Eskisaroi ! Si c’est bien celle-là, alors je n’ai fait que l’ultime taquet final lors de la sortie ci-dessus. Effectivement, je ne connais pas toute la première partie casse-pattes. A découvrir à l’occasion !

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